
Les alertes météo sont claires : le Mali s’apprête à vivre une saison des pluies exceptionnellement intense, à l’image d’autres pays sahéliens. À Bamako, cette annonce ravive les souvenirs douloureux des inondations dévastatrices de l’année dernière, et alimente une inquiétude grandissante dans la population.
Malgré les fonds publics massifs investis dans la prévention — plusieurs milliards de francs CFA — les infrastructures de drainage se révèlent insuffisantes et inefficaces. À peine deux semaines après les premières pluies significatives, la capitale s’est de nouveau retrouvée submergée, exposant les failles criantes d’un système censé protéger la ville.
Des promesses coûteuses, des résultats absents
Alors que les autorités affirment avoir lancé des projets de curage et de construction de nouveaux collecteurs, les caniveaux bouchés et les drains saturés témoignent d’une réalité bien différente sur le terrain. Les citoyens dénoncent des travaux invisibles, et une répétition du chaos de l’hivernage précédent, avec son lot de pertes humaines et matérielles.
Un comité gouvernemental au banc des accusés
Le comité interministériel chargé de la prévention des inondations est aujourd’hui la cible de critiques virulentes. Accusé d’inaction, de manque de transparence et de défaillance dans la coordination des travaux, il peine à convaincre face à la montée des eaux et de la colère populaire. Pendant que les autorités parlent d’avancées, les habitants de Bamako constatent, impuissants, la stagnation des eaux… et des efforts.
Dans un contexte de crise climatique, cette situation soulève des questions urgentes sur la gouvernance, la gestion des ressources publiques et la capacité des institutions à anticiper les catastrophes.

