
Le gouvernement militaire du Niger a ordonné la fermeture immédiate du bureau de la Croix-Rouge à Niamey. Les autorités accusent l’organisation humanitaire de manquer à sa neutralité et d’ingérer dans les affaires intérieures du pays.
Cette décision fait suite à des accusations publiques portées par le dirigeant de la junte nigérienne, Abdourahamane Tchiani, le 31 mai 2025, qui a reproché à la Croix-Rouge d’avoir rencontré des « chefs terroristes » et de financer des groupes armés. L’organisation, qui a été présente au Niger pendant 35 ans, a fermement réfuté ces allégations, expliquant que son mandat humanitaire l’oblige à dialoguer avec toutes les parties à un conflit, mais qu’elle ne leur fournit jamais de soutien financier, logistique ou autre.
La Croix-Rouge avait déjà retiré son personnel étranger plus tôt cette année suite à un ordre initial de fermeture du ministère des Affaires étrangères nigérien en février, mais avait tenté de maintenir un dialogue constructif avec les autorités, sans succès. Cette suspension des activités humanitaires intervient dans un contexte où environ 4,5 millions de personnes au Niger, soit 17% de la population, avaient besoin d’aide humanitaire en 2024, en raison de l’insécurité, des épidémies et des catastrophes naturelles.

