
Le Mali s’engage dans un contentieux majeur devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) contre le géant minier Barrick Gold. L’enjeu de cette confrontation, centrée sur le complexe aurifère stratégique de Loulo-Gounkoto, porte sur des centaines de millions de dollars de redressement fiscal et, plus fondamentalement, sur la pleine souveraineté du pays sur ses ressources naturelles.
Au-delà de l’aspect purement juridique, cette affaire est marquée par l’intervention de Diamana Diawara, une figure éminente du droit africain, qui symbolise la nouvelle approche juridique et politique adoptée par le Mali sur la scène internationale.
Forte de ses diplômes des universités Paris 1 – Sorbonne et Golden Gate à San Francisco, Diamana Diawara est actuellement directrice Afrique de la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI) à Paris. Juriste de haut calibre, elle a acquis une vaste expérience en gérant des dossiers complexes impliquant des États africains et de grandes multinationales.
Elle est également une voix influente dans le renouveau de l’arbitrage sur le continent, étant cofondatrice du réseau AfricArb et formatrice pour les nouvelles générations de juristes africains. Son impact dépasse les salles d’audience, puisqu’elle contribue à façonner une vision panafricaine de la justice économique.
En confiant sa défense face à Barrick à Diamana Diawara, le Mali envoie un signal fort : ce combat ne se déroule plus dans l’opacité des anciennes élites, mais devant les instances internationales, avec des experts aguerris et profondément ancrés dans le droit. Diamana Diawara n’est pas une figure nationaliste, mais une professionnelle respectée, qui opère à l’intersection de l’exigence juridique et de la légitimité africaine.
Dans les cercles proches du pouvoir, cette procédure est qualifiée de « procès test » visant à proclamer que l’époque des contrats miniers déséquilibrés est révolue. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des décisions récentes du gouvernement de transition, telles que la nationalisation de plusieurs mines stratégiques (Morila, Yatela) et une volonté affirmée de renforcer le contrôle public sur les ressources naturelles.

