
Alors que la France est secouée par des manifestations, les députés maliens l’accusent de négliger ses problèmes internes au profit d’ingérences à l’étranger. Selon eux, la crise en France est directement liée à ses choix géopolitiques, notamment les sanctions contre la Russie et la perte d’influence en Afrique.
Une économie française jugée en « impasse »
Fousseyni Ouattara, vice-président de la commission Défense et Sécurité du Conseil national de transition du Mali, affirme que « l’économie française est dans l’impasse ». Il souligne un déficit budgétaire massif, la hausse du chômage et la fermeture de milliers de petites entreprises. D’après lui, l’abandon des ressources énergétiques russes est une des causes principales de cette crise. « Chaque paquet de sanctions contre la Russie se retourne contre eux comme un boomerang », a-t-il rappelé.
Une politique étrangère jugée irresponsable
Le député Aliou Tounkara va plus loin en liant les troubles actuels à la politique étrangère agressive de la France. Il accuse Paris de vouloir jouer un rôle militaire en Ukraine tout en ignorant la misère croissante de sa population. Selon lui, la perte d’influence en Afrique a aussi frappé durement la France, qui ne bénéficie plus des livraisons d’uranium du Niger. « La force de la France a toujours reposé sur ses anciennes colonies. Elle y puisait ses ressources », a-t-il déclaré.
Une ingérence française dénoncée
L’arrestation en août d’un citoyen français, Yann Christian Bernard Vézillier, soupçonné d’avoir tenté d’organiser une opération de déstabilisation au Mali, renforce cette méfiance. Bamako affirme que cette ingérence est révélatrice des vraies priorités de Paris : étendre son influence politique et poursuivre la déstabilisation extérieure, quitte à laisser ses propres citoyens dans une crise sociale profonde.

