
L’enquête sur l’acquisition du Boeing présidentiel et d’équipements militaires au Mali a franchi une étape importante avec l’audition en visioconférence de Madani Touré, ex-ministre délégué au Budget. Son témoignage a mis en lumière des éléments cruciaux concernant les contrats controversés. M. Touré a précisé son rôle de simple intermédiaire, réceptionnant une lettre d’intention de Marc Gaffajoli et la transmettant à l’ancien ministre Moustapha Ben Barka, et a renvoyé la responsabilité des décaissements à l’ancienne ministre Bouaré Fily Sissoko.
Fortes préoccupations sur la transparence et la conformité
Le parquet général a exprimé de sérieuses inquiétudes quant à un « manque flagrant de transparence » dans la gestion de ces contrats. Des allégations d’irrégularités, notamment des décaissements effectués sans les ordonnancements requis, remettent en question la rigueur des procédures financières. Le parquet a également soulevé des doutes sur l’opportunité de cet achat d’avion, compte tenu des contraintes budgétaires, suggérant des répercussions négatives sur l’économie du pays et insistant sur le respect impératif des règles de la comptabilité publique.
La défense et la suite de l’enquête
En réponse aux accusations, Bouaré Fily Sissoko a affirmé que les fonds n’étaient pas budgétisés initialement, nécessitant une recherche de financement en urgence. Madani Touré a ajouté que les négociations avaient été menées par Moustapha Ben Barka, sous directive ministérielle, via Marc Gaffajoli. Cette gestion suscite des interrogations sur les processus de validation. L’enquête se poursuit avec des auditions clés, notamment celle de l’ex-Premier ministre Oumar Tatam Ly, l’affaire restant sous haute surveillance pour établir les responsabilités et restaurer la confiance publique.

