
Le ministre ivoirien de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a apporté des précisions cruciales ce mercredi, jetant un nouvel éclairage sur l’affaire Mamadou Hawa Gassama. L’individu, présenté comme membre du Conseil National malien, aurait été interpellé en Côte d’Ivoire en possession d’un passeport indiquant la profession d’« ouvrier », et non un document diplomatique. Cette révélation, près d’un mois après son interpellation par les autorités aéroportuaires, soulève de sérieuses interrogations sur le statut officiel de M. Gassama et les protections qui auraient pu lui être associées.
Doutes sur l’immunité parlementaire
Interrogé sur les implications de l’arrestation d’un membre d’une institution législative étrangère, le ministre a d’emblée exprimé des doutes quant à l’immunité parlementaire que l’ancien député de Yélimané aurait pu revendiquer. « Son passeport n’était pas diplomatique. Il indiquait ouvrier », a déclaré le ministre ivoirien de la Communication, refusant tout commentaire supplémentaire et estimant que l’affaire relevait désormais de la justice ivoirienne. Cette précision est d’autant plus cruciale que le statut de parlementaire confère normalement une protection juridique particulière, empêchant l’arrestation ou des mesures privatives de liberté sans l’autorisation de l’assemblée concernée, sauf en cas de flagrant délit ou de condamnation définitive.
Des implications juridiques complexes
Cette nouvelle information concernant les documents de Mamadou Hawa Gassama pourrait compliquer davantage sa situation. En voyageant sans le passeport diplomatique normalement associé à son statut, M. Gassama aurait-il enfreint les dispositions légales qui garantissent l’indépendance et l’intégrité du pouvoir législatif ? Après plus de vingt-cinq ans de carrière parlementaire, il est attendu qu’un élu connaisse les protocoles de voyage liés à sa fonction. Ce nouvel élément s’ajoute aux chefs d’accusation déjà reconnus par le mis en cause devant le Tribunal de Première Instance d’Abidjan-Plateau, notamment pour « offense au Chef de l’État, injure par système d’information et fausse déclaration ». La mise en garde récente du procureur de la République de Côte d’Ivoire concernant les « dérives langagières » et l’inefficacité des « excuses tardives » – même si M. Gassama a adressé une lettre d’excuses au président ivoirien Alassane Ouattara – laisse présager que cette révélation pourrait peser lourd dans la suite de la procédure judiciaire.

