
Lors de l’émission Kura Taasira 3, le ministre malien des Mines, Amadou Keïta, s’est longuement exprimé sur les enjeux, avancées et défis du secteur extractif national. Un discours ancré dans une volonté de réforme profonde, axée sur la transparence, la souveraineté économique et le respect des intérêts du peuple malien. Un secteur clé de l’économie nationale S’appuyant sur le rapport 2023 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), le ministre a rappelé que l’industrie minière représente près de 10 % du PIB, 82 % des recettes d’exportation et 21 % des recettes fiscales de l’État. En 2023, plus de 600 milliards de FCFA ont été générés par le secteur, avec 10 milliards versés aux collectivités minières au titre des brevets. Exploitation illégale : le gouvernement durcit le ton Le ministre a déploré la multiplication des exploitations illégales par des sociétés disposant uniquement de permis de recherche, ainsi que par des orpailleurs non autorisés. Il a annoncé la création d’une brigade spéciale des mines (militaires, agents des Eaux et Forêts, techniciens du ministère) pour renforcer le contrôle et garantir la sécurité sur les sites miniers. Audit du cadastre et suspension des permis L’audit du cadastre minier a révélé de nombreux dysfonctionnements. C’est dans ce contexte que la suspension des permis miniers décrétée en 2022 a été mise en œuvre. Ce gel a permis d’identifier les titres valides et de distinguer les acteurs fiables : « Nous avons séparé le bon grain de l’ivraie », a déclaré le ministre Keïta. Diversification : le lithium comme nouveau levierLe Mali veut sortir de sa dépendance à l’or. L’inauguration de la mine de lithium de Goulamina (20 ans d’exploitation, 200 millions de tonnes de ressources) symbolise cette ambition. Déjà 35 000 tonnes ont été exportées. À Bougouni, un autre site prometteur est en cours de développement. Le gouvernement vise aussi la transformation locale : « Notre objectif est de produire des batteries au lithium d’ici 5 à 6 ans. » Code minier 2023 : plus de contrôle, plus de retombéesLe nouveau code minier adopté en 2023 renforce la gouvernance et la transparence. Désormais, l’État détient 30 % de participation dans chaque projet, et 5 % sont réservés aux privés nationaux. La fin des exonérations fiscales en phase d’exploitation et l’obligation de rapatrier les revenus miniers placés à l’étranger font également partie des réformes majeures. Affaire Barrick Gold : fermeté et ouverture au dialogue Face au refus de Barrick Gold d’adhérer au nouveau cadre légal, le ministre a dénoncé des campagnes visant à discréditer le Mali. Il a précisé que malgré les nombreuses négociations, Barrick a refusé de coopérer, suspendant même ses activités. « L’État a donc engagé une procédure légale pour nommer un administrateur provisoire et redémarrer l’exploitation. » Vers une raffinerie nationale d’orDernier point fort de cette réforme minière : la construction d’une raffinerie d’or malienne, exigée par la nouvelle législation. L’objectif est clair : mettre fin à la dépendance vis-à-vis des raffineries étrangères. Le chantier a déjà démarré à Bamako-Sénou, sous l’impulsion directe du chef de l’État. Conclusion : Le ministre Amadou Keïta insiste : le nouveau cap vise à assurer une exploitation minière plus équitable, plus contrôlée et plus bénéfique pour la nation. « Nous voulons des partenariats gagnant-gagnant, mais nous resterons fermes sur la défense des intérêts du peuple malien. »

